| | | [cynedra] Voie sans retour ? | |
| | Auteur | Message |
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Cynedra Brindille (Kurutani)

Nombre de messages: 2324 Age: 37 Date d'inscription: 13/03/2005
 | Sujet: [cynedra] Voie sans retour ? Jeu 28 Fév 2008 - 14:03 | |
| | Citation: | Cynedra jeta un bref regard circulaire puis vers l'entrée de la venelle à quelques dizaines de pas de là : la ruelle obscure était déserte, et cette nuit nul rayon de lune ne viendrait jeter sa lumière sur ce qu'elle s'apprêtait à faire. Et nul ne se risquerait probablement à s'y engager avant que le soleil darde ses premiers rayons.
Son regard se porta vers le sol pavé. A quelques pas devant elle, l'homme blessé aux jambes et aux bras rampait désespérément vers la sortie, vers son unique chance de survie.
Aucune chance. Elle avait tout prévu. Cela faisait si longtemps qu'elle attendait ce moment qu'elle n'avait rien laissé au hasard.
Lentement, elle s'approcha et posa négligemment le pied contre le bassin du blessé et le poussa puissamment pour le retourner sur le dos, puis elle s'accroupit près de lui et approcha son visage de sa proie.
- Tu n'aurais jamais dû revenir ici, toi et ta bande de coupe-jarrets, Rougeaud. Jamais. Vous seriez sûrement encore envie, sinon.
L'homme écarquilla les yeux, comme frappé de stupeur.
- Fluette ? ... Pour... (il tousse) Pourquoi ?
Comme unique réponse, la jeune femme porta la main au cou de l'homme, refermant sa main autour d'un médaillon en pendentif, qu'elle arracha d'un coup sec et brutal, avant de le faire osciller tel un pendule devant le visage du brigand.
- Pour reprendre ce qui me revient de droit.
Glissant le pendentif dans une de ses poches intérieures, elle regarda ce qui n'était guère plus qu'un épave. L'un après l'autre, après son embuscade, elle avait artistement tailladé les tendons de ses jambes et ses bras afin de le réduire à l'impuissance sans pourtant porter de coup léthal. Tout au plus parvenait-il à se trainer.
- Cette nuit est ta dernière, chien galeux. Tu va crever. Lentement, en te vidant de ton sang, en souffrant le martyre à chaque seconde. (pause) Comme EUX sont mort. (pause) Mais il me reste une dernière chose à faire avec toi avant d'en finir. Tu sais de quoi je parle, n'est ce pas. T'as vu les corps de tes potes...
Un cri étouffé monta de la gorge du gaillard tandis que la terreur dans son regard atteignait son paroxysme. Dans un effort desespéré, il tenta vainement de se retourner sur le ventre. Mais il ne put rien faire de plus que gigoter sur le dos, ses muscles ne pouvant plus répondre à ses ordres, telle une tortue retournée sur sa carapace.
Un sombre sourire s'épanouit sur les lèvres de Cynedra. Oui, comme la vengeance est savoureuse.
- Elle non plus n'avait aucune chance d'en réchapper... mais il ne vous suffisait pas de la tuer, après avoir égorgé son mari devant ses yeux, hein... Non, bien sur que non...
Cynedra se pencha vers sa victime. Une dernière fois.
****
Artie était un peu éméché. Comme souvent le soir quand il rejoignait en catimini le dortoir où dormaient le reste des apprentis menuisiers.
Bien sûr, cela lui était normalement interdit, le maître était très exigeant sur la discipline. Du moins tant qu'on était apprenti. Mais.. il faut bien vivre, se disait-il.
Il ruminait encore de sombres pensées quand soudain, juste sur sa droite, il entendit un hurlement déchirant.
Puis, quelques instants plus tard, il vit une silhouette encapuchonnée sortir de la venelle. Pris de panique, l'adolescent ne demanda pas son reste et pris ses jambes à son cou, soudain dessaoulé.
Il devrait peut être prévenir le guet ?
Non. Il n'aurait pas dû être là, il aurait des ennuis avec le maître, s'il faisait ca. Et adieu la formation de menuisier. Non, vraiment il ne pouvait pas se le permettre. Il faut bien vivre, après tout, se disait-il. |
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|  | | Cynedra Brindille (Kurutani)

Nombre de messages: 2324 Age: 37 Date d'inscription: 13/03/2005
 | Sujet: Panier de crabes Ven 29 Fév 2008 - 11:39 | |
| | Citation: | Quelques années plus tard...
Cynedra examine sa cible.
L’homme porte de somptueuses étoffes aux couleurs vives et déambulait gracieusement devant les étals des marchands. Tout le désigne comme un riche négociant de l’est.
Une aubaine, en somme.
Et plus que bienvenue. Les temps se faisaient durs. La récente augmentation du nombre de bandits de grand chemin avait deux conséquences néfastes : moins de convois arrivaient, ou alors arrivaient vides. Et ceux qui arrivaient pleins étaient sous bonne escorte.
Comme celui-ci.
Cynedra avisa ses deux compères d’un bref signe de tête. Le tout était de créer la diversion au bon moment. Elle s’approcha de sa cible nonchalamment, feignant de s’intéresser aux marchandises de l’étal, guettant le moment propice.
Soudain, quelqu’un poussa un cri, puis se mit à hurler à gorge déployée.
« Au voleur ! Au voleur ! »
Presque toutes les têtes se retournèrent. Le tout-venant, le guet… le négociant, les deux gardes.
Une poignée de secondes, largement plus qu’il n’en faut à Cynedra pour couper expertement les cordons de la bourse rebondie et en délester son propriétaire. Et s’enfuir à toutes jambes.
Des cris s’élèvent de nouveau derrière elle, et elle entend le pas lourd des deux hommes d’armes résonnant sur le pavé. Le guet poursuivant déjà un de ses compères, elle a les coudées franches pour semer ces deux lourdauds.
Elle s’engage sans hésiter dans la ruelle de gauche. Au fond, elle le sait, un mur bloque la voie. Piètre obstacle pour un monte-en l’air comme elle. Surtout quand on sait où trouver les bonnes prises. Il ne lui faut que quelques poignées de secondes pour semer ses poursuivants.
Alors seulement, elle prend la direction de leur petit repaire. Est venu le temps du partage du butin. Jack et Red l’y attendent déjà, impatients.
Le contenu de la bourse, une fois éparpillé sur le pavé, les laisse tous sans voix. Quasiment pas de cuivre. Tout n’est qu’argent et or ! De quoi changer de vie pour certains. Ou en tout cas de changer d’horizons.
Tout absorbée par ce spectacle inhabituel, Cynedra ne perçoit pas le regard entendu que se rendent les deux acolytes. Non plus qu’elle ne s’inquiète quand Red se lève, prenant sa part, et se dirige vers la sortie du réduit.
Trop tard, bien trop tard, elle aperçoit le regard brillant de Jack regardant dans son dos, et son infime hochement de tête.
Vient une douleur sourde à la base de son cou accompagné d’un bruit mat. Puis le sol qui se précipite vers elle. Trop tard, elle comprend. Puis tout devient noir.
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Dernière édition par Kurutani le Ven 29 Fév 2008 - 13:05, édité 2 fois |
|  | | Cynedra Brindille (Kurutani)

Nombre de messages: 2324 Age: 37 Date d'inscription: 13/03/2005
 | Sujet: Songes. Ven 29 Fév 2008 - 12:31 | |
| | Citation: | Quelques mois plus tard.
Pourquoi rêve-t-on… Et à quoi nos rêvent riment-ils ?
Autrefois, elle aurait répondu sans le moindre doute. Des années durant, chaque nuit avait le lieu de cauchemars. D’un cauchemar. Chaque nuit elle avait revécu ces scènes terribles. La mort de son père, égorgé, et les atrocités qu’avaient subies sa mère ensuite.
Le temps, associé à la patience et l’affection de Josh VerteBrindille, avaient finalement eu raison de ce cauchemar.
Puis un certain Rougeaud et sa petite bande de malfrats étaient revenus en ville. Leur nom, elle les ignorait, mais elle reconnaissait les visages, les voix. Alors, les cauchemars avaient repris. Plus forts, plus poignants. La colère, la haine s’étaient emparées d’elle. Durant des jours, des semaines même, elles les avaient suivis, observés. Puis quand elle s’était sentie prête, elle avait mis à exécution son terrible plan.
Les cauchemars avaient alors cessé. La boucle était bouclée. Cela faisait une dizaine d’années maintenant.
Mais alors que dire de ces rêves étranges qu’elle avait ces derniers temps ??
Des cieux noirs, des villes en flammes, des horreurs sans nom hurlant dans une langue gutturale. De la terreur pure qui la jetait hors du sommeil, la laissant en sueur sur sa paillasse.
Des combats, des cris de rage et de fureur, des êtres à peau verte incendiant et détruisant tout sur leur passage.
Le rêve qui avait précédé son réveil cette fois ci était un songe récurrent qui la hantait depuis plusieurs jours : un village familier en flammes ; une scène de combat.
Noir.
Des ruines d’un autre temps. Des peaux-vertes grouillant autour d’elle lui assénant de nombreux coups. Elle était au sol, à la merci du plus gros d’entre eux. Puis, comme au ralenti, il levait bien haut sa terrible hache, un sourire mauvais aux lèvres; s’apprêtant à l’abattre de toute ses forces.
Puis les cris railleurs se faisaient plaintifs ou courroucés, tandis que d’autres voix émergeaient du brouhaha.
Le grand Peaux-verte faisait une embardée, projeté au sol par un violent coup de bouclier.
Noir.
Un corbeau croassant dans le silence. Des cadavres de gobelins et d’orques tout autour. Puis des hommes et des femmes qu’elle ne connaissait pas. Celui-là portait une courte barbe bien taillée. Il lui tendait la main, pour la relever. Et autour de lui, d’autres visages ou d’autres silhouettes faite d’ombre. Pour certains elle ne les percevait que par une odeur, pour d’autres par une mélodie.
Cynedra referma les yeux, espérant qu’elle finirait par trouver le sommeil. |
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|  | | Cynedra Brindille (Kurutani)

Nombre de messages: 2324 Age: 37 Date d'inscription: 13/03/2005
 | Sujet: Rencontre Mar 6 Mai 2008 - 13:05 | |
| | Citation: | Un vaste champ de ruines désolées projette de longues ombres tandis que le soleil décline et semble comme fuir vers l’horizon, dardant le ciel nuageux de ses ultimes rayons rouge sang avant de disparaître.
Pas d’étoiles ici pour guider le voyageur. Juste ces nuages noirs qui semblent se lever en même temps que la lune pour empêcher la lumière des astres d’atteindre ce lieu.
Tandis que la nuit se fait dense, les premiers feux de camp commencent à illuminer la colline et une lumière blafarde et verdâtre ne tarde pas à embraser les encadrements des fenêtres de tous ces bâtiments délabrés.
Les tambours de guerre se mettent à résonner, doucement d’abord, comme étouffés par la distance, bientôt accompagnés de chants macabres prononcés dans une langue gutturale aux sonorités effrayantes.
Le son des tambours prend peu à peu de l’ampleur, lentement, mais régulièrement, inéluctablement, gagnant en présence à chaque minute, telle une sombre marée à l’assaut de la grève, jusqu’à ce qu’enfin toute la colline vibre à l’unisson.
Le rythme s’accélère, les chants deviennent frénétiques, le martèlement des tambours secoue la terre et se fait oppressant.
De bourdonnement sourd, la musique s’est faite mélopée, faisant battre le cœur à tout rompre, l’exaltation induite par les chants se mue en terreur incontrôlable. Respirer devient difficile et douloureux, comme si la cage thoracique allait exploser, la pression sur les tempes est insupportable et la puissance même des battements du cœur semblent sur le point de faire éclater les tympans.
****
Cynedra se réveille en sueur une fois de plus. Il lui faut plusieurs minutes avant de récupérer une respiration normale.
A deux pas, Gredin l’observe du regard contrarié de qui a été dérangé au beau milieu d’une agréable sieste.
La jeune femme se redresse un peu trop vivement et, prise de vertige, se force bien vite à se rasseoir.
Elle masse longuement ses tempes endolories avant d’enfin rouvrir les yeux. Ca va déjà mieux. De nouveau, elle se met en mouvement pour se relever, doucement cette fois, et se dirige vers la petite ouverture menant à la sortie de son repaire.
Rien de tel qu’une promenade nocturne au grand air pour chasser les mauvais rêves et faire passer les états nauséeux.
Pourtant ce n’est pas la nuit qui l’attend dehors, mais l'aube naissante. Cynedra adore cette période de la journée où les tous premiers rayons dorés du soleil et les étoiles scintillant encore de mille feux se disputent la maîtrise des cieux.
Son cœur s’emplit d’espoir à cette vision, et s’il était un dieu auquel elle crût, elle lui aurait volontiers adressé ses remerciements pour ce cadeau.
S’adossant confortablement contre un mur, Cynedra ferme les yeux et fait le vide dans son esprit, tout entière aux délicieuses sensations qui s’offrent à elle. La brise caressant sa peau et agitant légèrement ses cheveux désordonnés, les oiseaux sortant de leur léthargie et emplissant le silence matinal de leurs pépiement aigus, saluant joyeusement le retour de la lumière, la douce tiédeur des rayons du soleil qui effleurent son visage et commencent à lui redonner les couleurs de la vie, faisant ressortir les tâches de rousseur sur ses joues et sur son nez à la retroussette.
Inspirant longuement et profondément, Cynedra se force à laisser refluer ces sensations exquises et à ouvrir les yeux.
La journée a commencé. Bientôt, les gens arpenteront les rues de Bree, un par un d’abord, puis par petits groupes, pour former finalement un flux dense et fiévreux propice aux affaires. Il est temps de se mettre au travail.
- … auberge par ici ?
L’accent dénote clairement quelqu’un qui n’est pas de Bree même. La providence serait-elle donc avec elle aujourd’hui pour lui livrer son premier client ?
Cynedra se lève en silence, se dirigeant vers la source des voix. Surplombant la rue des érudits, le Grand Pont a toujours été un de ses points de guet favoris.
- … sur la place, d’là, z’allez tout droit …
De son poste d’observation surélevé, Cynedra reste attentive à l’échange et scrute le nouveau venu. Vu d’ici, son « client » ne paie pas de mine : pas de vêtements criards et richement décorés comme les affectionnent souvent les marchands possédant du bien.
Cependant, il ne faut jamais se baser sur les seules apparences, cela Cynedra le sait. Descendant prestement de son perchoir, elle se rapproche des deux hommes afin d’étudier sa cible de plus près.
- ... et vous r’montez la butte, mon bon m’sieur, c’est là qu’vous trouverez l’auberge de Poiredebeurré, y’a pas mieux sur Bree.
Cynedra grimace. Pas de belle bourse rebondie, ni même quelque clou d’oreille ou autre objet de valeur en vue. Sa stature robuste et ses mains larges et caleuses le désignent comme quelqu’un habitué à travailler de ses mains, peut être un fermier ou quelque chose du genre, difficile à dire. En tout cas, pas un client intéressant. Pour être voleuse, Cynedra n’en pas moins certains principes.
- Merci bien, Monsieur.
L’homme s’éloigne vers la grand place où déjà les habitants de Bree comme ceux de passage vaquent à leurs occupations sous l’œil à demi-endormi des soldats du guet.
L’homme semble avancer d’un pas hésitant, comme doutant de la direction. Il se retourne un instant, cherchant du regard son informateur, mais celui-ci a passé son chemin, alors il reprend sa route, se fondant dans la foule bigarrée et bruyante.
Frappée de stupeur, Cynedra reste incapable de bouger tandis que la réalité de ce qu’elle vient d'apercevoir fugitivement s’impose à elle.
Ce visage. Elle ne le reconnait que trop. Elle l’a vu maintes fois lors de ces rêves étranges qu’elle fait depuis plusieurs semaines.
Il faut qu’elle le retrouve !
Mais où… Fouillant ses souvenirs, elle tente d’y retrouver un indice.
Poiredebeurré !
Bien sûr. Evident, même, se dit-elle, tandis qu’elle se met en route sans attendre, fébrile, mue par un sentiment poignant d’urgence, et certaine de l’imminence d’un profond bouleversement dans sa vie.
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|  | | Cynedra Brindille (Kurutani)

Nombre de messages: 2324 Age: 37 Date d'inscription: 13/03/2005
 | Sujet: Re: [cynedra] Voie sans retour ? Lun 23 Juin 2008 - 14:41 | |
| | Citation: | Adossée contre un bouleau, Cynedra observe un cavalier passer au loin avant de constater avec déception qu’il ne s’agit pas d’un Dragon de passage.
Un peu de compagnie de l’un des siens ne lui aurait pas déplu, ne fut-ce que le temps d’échanger rapidement quelques nouvelles autour d’une collation improvisée avant de repartir au loin. Les petites chamailleries entre nains et elfes lui manquent presque.
Se détournant de l’horizon, qui n’a pas tardé à engloutir le cavalier au galop, elle tourne son regard vers l’austère bâtisse. Vue de l’extérieur, elle ne paie as de mine. Massive, certes, et trônant au milieu d’un terrain verdoyant et arboré, elle a réussi à se faire relativement discrète.
Ce qui est bel et bien le but recherché par les Dragons pour ce qui est désormais leur quartier général. Nul signe extérieur ne saurait indiquer la nature exacte de ses occupants, en cela, c’est une belle réussite.
L’endroit est calme et, en d’autres occasions elle trouverait le charme de l’endroit très agréable. Mais c’est sans compter les nouvelles qu’elle reçoit d’un peu partout de ses confrères, et celles qu’elle a ramené elle-même des hauts du Nord.
Contrainte à l’inaction durant cette période de permanence où elle ne peut guère s’éloigner de leur repaire, son humeur oscille entre la morosité et l’agacement. Bien sûr qu’elle sait que c’est indispensable que quelqu’un reste là pour continuer de rassembler et trier les rapports afin que le cap’ puisse les étudier lors de ses retours.
Mais ces trois jours à ne faire qu’attendre, ça a le don de la mettre sur des charbons ardents.
Enfin… Demain, elle reprendra la route de Pont, puis de Fornost. A l’évocation de cette idée, elle se sent déjà revigorée et, se souvenant que si la capitaine autorisait l’intervention, il faudrait se mettre en route rapidement, elle se dirige énergiquement vers l’entrée du quartier général, avec la ferme intention de vérifier le contenu des réserves.
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|  | | Cynedra Brindille (Kurutani)

Nombre de messages: 2324 Age: 37 Date d'inscription: 13/03/2005
 | Sujet: Re: [cynedra] Voie sans retour ? Ven 5 Déc 2008 - 13:44 | |
| | Citation: |
Le front barré par un pli soucieux, son regard illuminé trahissant une intense concentration, Cynedra compulsait et annotait une carte de l’ancien royaume d’Angmar.
La table jonchée de quantités d’autres cartes et liasses de rapports témoignaient d’une longue nuit d’étude et si ce n’était la fatigue, elle aurait sûrement perçu l’infime claquement de la porte d’entrée se refermant derrière la nouvelle arrivante.
Toutefois, si discrète que se montrât la jeune fille pour se rendre au coin cuisine, c’est son odeur qui la révéla à Cynedra. Des effluves boisés et un ne sais quoi de… sauvage.
- Oh, bonjour Myrniel. fit-elle sans se retourner. Le voyage s’est-il bien passé ?
La jeune fille aux cheveux de neige garda le silence. Elle ne répondrait pas à quelqu’un lui tournant le dos.
Détournant un instant son attention de la carte, Cynedra pivota légèrement du buste pour faire face à la chasseresse.
- Alors ? Cette mission en Angmar ? … - Sans problème.
La réponse, laconique, et un rien sèche, ne faisait que confirmer les impressions de Cynedra sur la jeune fille. - Tu ne m’aimes pas trop, n’est-ce pas ? - … - Ma foi, ce n’est pas ce que je te demande. En revanche, j’aimerais savoir ce que tu as rencontré en Angmar. Je manque de données fraiches pour terminer de planifier une intervention sur Barad Gularan. - Barad Gularan ? C’est plutôt mal fréquenté. - Comme tout le reste de l’Angmar ma foi. - Et bien j’ai peut-être une piste qui nous permettrait d’arriver rapidement à l’orée de la vallée où campe la forteresse en évitant les campements orques et angmarims le long de la route et même d’éviter le marais maudit. - Imlad Balchorth ? - Oui. - Tu penses pouvoir me noter cet itinéraire sur cette carte ?
Myrniel s’approcha de la table puis, Cynedra lui faisant place, se pencha sur le plan.
- oui bien sûr. Mais aucune carte ne peut rendre réellement fidèlement compte de l’itinéraire « sur le terrain ». - mmh mmh… fais le tout de même s’il te plait, et indique moi au moins un lieu où nous pourrions monter un campement pour la nuit, une fois que tu te seras restaurée. Tu as l’air affamée. Et fatiguée. Mais pour le repos, je crains que tu ne doives attendre un peu, j’ai besoin des renseignements que tu as pu glaner sans tarder, alors prépare-toi à répondre à mes questions.
Ce disant, Cynedra adoucit ses traits pour afficher un léger sourire, ou du moins une tentative, son visage émacié et ses yeux cernés de fatigue en faisant davantage une grimace.
Myrniel prit à peine quelques minutes pour se préparer un thé chaud et des biscuits au miel, puis alla rejoindre Cynedra dans la salle des cartes.
Durant les quelques heures qui suivirent, elle se soumit à l’interrogatoire de son officier sans broncher. A vrai dire, elle n’avait jamais à ce point ressenti son utilité dans l’ensemble et bien que réticente, de prime abord, elle se surprit à apprécier l’attention de son aînée, quoiqu’on ne peut plus soutenue et particulièrement inquisitrice.
- Bien… je crois que ca ira pour le moment. Tu devrait aller te reposer, maintenant, tu ressembles à un cadavre ambulant.
Son « sourire-qui’n’en-est-pas-un » déforma à nouveau le visage de Cynedra, qui donna son congé à Myrniel d’un bref signe de tête avant de se replonger vers ses notes.
- Pour ce qui est de cadavre ambulant, je doute de vous arriver à la cheville, Cynedra. VOUS devriez aller vous reposer. L’aube s’est levée depuis plusieurs heures déjà, et je parie que vous êtes restée ici toute la nuit.
- C’est bien possible. Mais je dois mettre tout ça à plat tant que c’est encore frais dans ma mémoire. Bon repos, Myrniel.
Le ton était peut être plus sec qu’elle n’aurait voulu, mais elle ne fit aucun effort pour radoucir sa dernière phrase. Trop fatiguée pour ça.
Trop fatiguée pour quoi que ce soit, sinon terminer son rapport.
Myrniel haussa les épaules et se dirigea vers la pièce voisine. Après s’être séparée des ses vêtements de voyage humides et collants, elle s’engonça dans une épaisse couverture et plongea dans un sommeil sans rêves.
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|  | | Cynedra Brindille (Kurutani)

Nombre de messages: 2324 Age: 37 Date d'inscription: 13/03/2005
 | Sujet: Re: [cynedra] Voie sans retour ? Jeu 18 Déc 2008 - 13:26 | |
| | Citation: | Accroupie au bord du précipice, Cynedra observait loin en contrebas la silhouette sombre de la citadelle.
Massive en son centre et relativement étendue, partiellement éclairée par endroit par des feux verdâtres, elle offrait un spectacle impressionnant dans cette vallée de désolation.
Le silence n'était pas de mise, loin de là. On discernait, à la limite de l'audible, comme un fond sonore grave, lancinant, peut-être d'obscures rituels en noir-parler. Régulièrement les hurlements de ouargues déchiraient le voile de la nuit, se répercutant en de sinistres échos dans toute la vallée.
Bien que la nuit fût très souvent son alliée dans ses missions de reconnaissance, les créatures qui vivaient ici en tireraient un avantage bien supérieur en cas de mauvaise rencontre. Cynedra avait donc choisi de remettre son départ aux premières lueurs de l'aube, elle fit donc demi-tour, à croupetons, et rejoint le campement monté à la hâte par Myrniel un peu en retrait du ravin.
Celle-ci l'accueillit d'un bref hochement de tête, lui indiquant la paillasse improvisée au plus près du feu.
Quelques heures de sommeil ne seraient pas un luxe, aussi s'étendit-elle sans se faire prier et ferma les yeux, attendant que la fatigue la submerge.
Une légère secousse sur son épaule la tira de sa nuit sans rêve.
- C'est le moment.
Cynedra se redressa lentement, s'aidant de ses coudes pour basculer sur le côté, puis porta son regard vers le nord-est. Les premiers rayons du soleil commençaient en effet à poindre. Alors que ce signal sonnerait normalement le réveil de la vie dans les contrées sauvages, ici, le silence se faisait au contraire plus consistant.
Compulsant une dernière fois le contenu de ses sacs, Cynedra vérifia l'état des cordes de soie elfique qu'elle avait pu dégotter à prix d'or : légères, solides. Incomparables alliées dans son entreprise du matin. Après s'en être harnachée, elle fit un dernier signe à l'attention de Myrniel.
Celle-ci assura la corde à un tronc d'arbre puis indiqua qu'elle était prête pour la descente.
- Donne-moi trois jours, dit Cynedra. Passé ce délai rend-toi au campement secret des rôdeurs, il est possible que j'y fasse retraite.
- Et dans le cas contraire ? - Et bien c'est que je n'aurai pas été aussi habile que je le pensais. - Pourquoi ne pas me laisser aller avec vous ? - Pour ce que j'ai à faire, je serai plus efficace seule, fais-moi confiance.
Myrniel hocha la tête sans conviction.
- trois jours hein... - trois jours.
Dos à la falaise, dos à la vallée, Cynedra bascula dans le vide, s'appuyant contre la surface quasiment verticale de la falaise escarpée, progressant par petits bonds vers le bas tandis que Myrniel donnait du mou à la corde, jusqu'à ce qu'enfin Myrniel ne sentit plus d'à-coups.
Plongeant son regard en contrebas, elle tenta de répérer la silhouette de Cynedra, mais en vain. Elle s'était déjà laissée engloutir par les ombres naissantes.
Remontant lentement la corde, Myrniel se demandait ce qu'elle allait bien pouvoir faire pendant les trois prochains jours.
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|  | | Cynedra Brindille (Kurutani)

Nombre de messages: 2324 Age: 37 Date d'inscription: 13/03/2005
 | Sujet: Re: [cynedra] Voie sans retour ? Jeu 5 Fév 2009 - 11:42 | |
| | Citation: | Le regard rivé vers l’âtre flamboyant de la cheminée, comme envoûtée par la danse frénétique des flammes, Cynedra s’octroyait un court moment de distraction dans la rédaction de son rapport d’exploration de la Vallée de la Mort et des alentours de la forteresse du Roi Sorcier.
Comme souvent, ce sujet ne tardait pas à faire remonter à la surface les visions oppressantes de ses nuits enfiévrées et une sombre angoisse avait commencé à lui nouer les tripes. Bientôt, suivrait la migraine insoutenable que seule la décoction que lui procurait Amalydir arrivait pour l’instant à atténuer un tant soit peu. Cynedra se massa doucement les tempes, comme pour conjurer la douleur à venir.
Quelques coups frappés à la porte d’entrée la sortirent de sa rêverie.
Quelques bruits de vaisselle en contrebas témoignaient de la présence d’une poignée de dragons, aussi ne s’en préoccupa-t-elle pas avant qu’une deuxième série de coups ne retentissent.
- On frappe à la porte ! hurla-t-elle de sa voix rauque. Quelques instants plus tard, un dragon apparut sur le seuil.
- Lieutenant, il a quelqu’un qui désire vous voir. Une jeune femme. Une certaine Elfywenn.
- C’est El-fe-wyn. J’arrive…
Ainsi donc, elle s’était décidée. Enfin.
Surprise de trouver la grande salle vide, elle ouvrit donc la porte menant à la cour et y trouva effectivement la jeune femme devisant avec Arandorin et Kazandar.
Le temps était radieux, et l’intensité des rayons du soleil força Cynedra à se couvrir le visage afin d’en protéger la peau délicate.
Quelle joie de revoir Elfewyn, quel plaisir de voir cette petite assemblée de dragons faisant connaissance et échangeant chaleureusement autour d’une table improvisée et garnie par Jakoden pour l’occasion.
C’est comme si soudainement tous ses sens aiguisés reprenaient du service après une longue période de sommeil. Les couleurs lui paraissaient plus vives et chatoyantes, les parfums plus riches et puissants. L’appétit qui lui avait fait défaut ces derniers temps se raviva brusquement en elle, et tandis que cet appétit se faisait frénésie et qu’elle se jetait littéralement sur les mets déposés sur la table – ha, le moelleux de cette viande rouge saignante, le goût acidulé et fruité de ces pommes vertes - elle tentait tant bien que mal de participer à la conversation.
La conversation avait pris une direction inattendue, tandis qu’Elfewyn et Jakoden abordaient la question du Rohan.
Bien sûr, Cynedra savait qu’Elfewyn en était originaire, tout comme elle d’ailleurs. Mais elle s’était toujours imaginé que c’était également le pays où elle avait grandi. C’est donc avec stupéfaction qu’elle se rendit compte que tout comme elle, la jeune femme avait grandi dans une famille d’adoption loin de son Rohan natal.
La grande différence entre elles résidait en ce que Cynedra ne ressentait pas ce besoin de répondre à ce questionnement sur son origine. Enfin, pas autant. Elle n’avait jamais eu guère le temps de s’appesantir sur ce sujet alors que son univers s’arrêtait aux ruelles et aux toits de Bree, et aujourd’hui comme alors, son esprit restait rivé sur le présent et l’avenir, pas sur le passé.
C’est alors que Jakoden se laissait aller à la nostalgie, évoquant les verts paysages du Rohan que Cynedra ressentit les premiers picotements au niveau des tempes, signe avant-coureur de la migraine à venir. Faisant de son mieux pour cacher son léger malaise, elle écouta donc avec attention, jusqu’à ce que le sujet tourne court à l’évocation du sombre ennemi du Mordor.
Peut-être le nom même avait-il quelque pouvoir obscur, toujours est-il que l’enchantement qui avait opéré jusque là sembla se dissiper, la laissant subitement en proie à la douleur tandis que l’étau invisible se resserrait une fois de plus autour de son crâne.
En un dernier effort de volonté, elle salua brièvement ses compagnons avant de s’éclipser dans les quartiers de détente, laissant le soin à Jakoden de procéder à la réinscription d'elfewyn sur le registre.
D’une main tremblante, elle sortit de la poche de son gilet une petite fiole de cristal au contenu ambré et la porta à ses lèvres.
Comme d’habitude, une douce chaleur se diffusa en elle alors que liquide amer faisait son œuvre. Prenant la couverture entreposée près de l’âtre, elle s’y emmitoufla avant de s’allonger sur le fauteuil. Peu à peu, le martèlement s’atténua et son corps commença à s’engourdir. Puis le sommeil l’engloutit pour une longue nuit sans rêve. Ni cauchemar.
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|  | | Nolwenath Dresseuse d'ours

Nombre de messages: 1093 Age: 27 Date d'inscription: 02/07/2005
 | Sujet: Re: [cynedra] Voie sans retour ? Sam 6 Juin 2009 - 11:20 | |
| Dans la maisonnée de Cynedra, un message trônait seul au milieu de la table attendant sans aucun doute que son destinataire le récupère. | Citation: | Maman,
Je t'écris ce petit mot pour que tu ne t'inquiètes pas comme la dernière fois, tu vois, je n'ai pas oublié que tu m'avais demandé çà.
Je vais devoir partir un petit peu encore, y a le mal qui avance un peu trop quelque part où je dois me rendre et je ne peux pas laisser faire çà. Je sais bien que tu ne voudrais pas que j'y aille car c'est dangereux mais il faut que j'y sois, maman. On m'attend là bas...
Ce qui m'ennuie, c'est que je ne serai pas là pour m'occuper de toi alors j'ai décidé de te laisser Fenrhir. Il est d'accord pour rester et veiller sur toi, il m'a promis en plus de ne pas faire de bétises ! Il te protègera aussi, tu sais combien il est fort ! Et puis, il t'aime beaucoup !
Il va être l'heure que j'y aille, maman... Prend soin de toi, vraiment hein ! Je reviendrai vite !
Je t'aime, maman !
Nolwenath |
======================================================================= Creenshaw Sombrecorbeau - Champion (lvl 60), Historien Nolwenath Vertebrindille - Maître du savoir (lvl 60) - Arctière >> Fenrhir - Imposant compagnon ours (lvl 59) - Dévoreur de miel Amatsu O'Nehly - Tryker sur l'écorce d'Atys |
|  | | | | [cynedra] Voie sans retour ? | |
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